Mgr Aillet : l’identité de l’Eglise et du prêtre a été blessée

Publié le par Maximilien Bernard

Lors du congrès Théologique en l’Aula Magna de l’Université Pontificale du Latran, jeudi 11 et vendredi 12 Mars 2010, Mgr Marc Aillet a fait part d'une très intéressante communication intitulée «Fidélité du Christ, fidélité du Prêtre» (vidéo). Extraits :
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  • "la mise en œuvre de la Réforme liturgique conduisait parfois à une sorte de désacralisation systématique, la liturgie se laissant progressivement envahir par la culture sécularisée du monde ambiant et perdant ainsi sa nature et son identité propre [...] Sans nier les fruits authentiques de la réforme liturgique, on peut dire cependant que la liturgie a été blessée par ce que Jean Paul II a appelé des «manières de faire inacceptables» (Ecclesia de Eucharistia n. 10) et que Benoît XVI a dénoncé comme des «déformations à la limite du supportable» (Lettre aux évêques accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum). C’est aussi l’identité de l’Eglise et du prêtre qui a été ainsi blessée. [...] Le primat que Benoît XVI entend donner à la liturgie dans la vie de l’Eglise [...] veut remettre l’adoration au cœur de la vie du prêtre et des fidèles. En lieu et place du «christianisme séculier» qui a souvent accompagné la mise en œuvre de la réforme liturgique, le Pape Benoît XVI entend promouvoir un «christianisme théologal» [...]
  • L’ouverture au monde souhaitée par le Concile Vatican II a souvent été interprétée dans les années postconciliaires comme une sorte de «conversion à la sécularisation» : cette attitude ne manquait certes pas de générosité, mais conduisait à négliger l’importance de la liturgie et à minimiser la nécessité d’observer les rites, réputés trop éloignés de la vie du monde qu’il fallait aimer et dont il fallait être pleinement solidaire, jusqu’à se laisser fasciner par lui. Il en est résulté une grave crise d’identité du prêtre qui ne percevait plus toujours l’importance du salut des âmes et la nécessité d’annoncer au monde la nouveauté de l’Evangile du Salut. La liturgie est sans conteste le lieu privilégié de l’approfondissement de l’identité du prêtre [...]. Cela passera sans aucun doute par une observation plus rigoureuse des prescriptions liturgiques qui gardent le prêtre contre la prétention, même inconsciente, d’accaparer l’attention des fidèles sur sa personne [...] La liturgie est blessée lorsque les fidèles sont livrés à l’arbitraire du célébrant, à ses manies, ses idées ou opinions personnelles, voire ses propres blessures. D’où l’importance encore de ne pas banaliser des rites qui, en nous arrachant au monde profane et donc à la tentation de l’immanentisme, ont le don de nous immerger d’un coup dans le Mystère et de nous ouvrir à la Transcendance. [...]
  • L’ obéissance du prêtre aux rubriques est encore le signe silencieux et éloquent de son amour pour l’Eglise, dont il n’est que le ministre, c’est-à-dire le serviteur. D’où l’importance aussi de la formation des futurs prêtres à la liturgie, et spécialement à la participation intérieure, sans laquelle la participation extérieure préconisée par la réforme manquerait d’âme et favoriserait une conception tronquée de la liturgie qui s’exprimerait en termes de théâtralisation excessive des rôles, de cérébralisation réductive des rites et d’autocélébration abusive de l’assemblée."

Publié dans Culte divin

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