Ils ne regrettent pas leur vision déconnectée de la réalité

Publié le par Maximilien Bernard

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A l'occasion des 100 ans de Mgr Géry Leuliet, évêque émérite d'Amiens, Mgr Jacques Noyer (photo), également évêque émérite d’Amiens, qui a succédé à Mgr Leuliet en 1987 [avec entre les deux Mgr François Bussini évêque d'Amiens  du 28/12/1985 au 06/03/1987], nous livre une version complètement idyllique de l'après-Concile :
  • "il imaginait déjà l’Eglise autrement, comme beaucoup de prêtres mais surtout ceux qui appartenaient à ce courant né autour du chanoine Boular et qui prônait le concept de « pastorale d’ensemble ». Le Concile a été l’un des lieux inattendus où pouvait se mettre en place ce grand rêve. [...] Un développement considérable s’est opéré : au lieu de se penser comme responsable de ses fidèles, l’Eglise s’est pensée comme responsable d’une parole adressée à tous les hommes. Les paroisses elles-mêmes, qui étaient souvent très centrées sur leurs petites habitudes et leurs petites hiérarchies, ont été assumées dans des secteurs apostoliques, animés par un comité d’évangélisation où les mouvements d’Eglise tenaient une place tout à fait moteur. Ca a mis en route beaucoup de gens. Bien sûr, il y avait des inerties, des incompréhensions ou des réticences. Les mécontents les plus nombreux, qui étaient simplement des gens qu’on dérangeait dans leurs habitudes ou qui réclamaient davantage de temps pour comprendre où on voulait les emmener, ont été convaincus par le temps. Par contre, un certain nombre de mécontents se sont regroupés autour de Mgr Lefevbre et de la Fraternité Saint Pie-X. A son retour du Concile, le Père Leuliet a non seulement multiplié les initiatives pastorales mais, il a eu conscience qu’il fallait que l’Eglise devienne « servante et pauvre », selon la formule du Père Yves Congar (1904-1995). Il a revendu les propriétés du diocèse qui, en centre ville d’Amiens, donnaient l’impression d’un pouvoir, d’une Eglise triomphante. Il a logé ses prêtres et lui-même dans un programme d’urbanisme commun à celui des hommes et des femmes de son temps. Il avait la volonté de changer totalement le style de l’Eglise. Quitter la maison bourgeoise qui lui servait d’évêché pour s’installer dans une tour d’immeuble lui a valu d’être un peu malmené par la bonne bourgeoisie d’Amiens ! [...]
  • Bien sûr certains rêvent de revenir en arrière et comme quelque fois l’élan de l’Eglise s’essouffle un peu ou se fatigue. La nostalgie d’une Eglise puissante, enfermée dans ses rites, risque toujours de revenir. Ce ne sont pas des définitions dogmatiques qui font la richesse de Vatican II, c’est vraiment l’élan spirituel et missionnaire qui a fait d’une Eglise centrée sur elle-même une Eglise soucieuse de tous les hommes."
Le diocèse d'Amiens (dirigé aujourd'hui par Mgr Bouilleret) est aujourd'hui sinistré. Combien de baptême, de vocations, de prêtres en activité ? Ce sera l'objet d'un prochain post. Mais c'est en complet décalage avec cette vision idéologique. L'élan spirituel et missionnaire animé par des comités, j'ai beau me frotter les yeux, je ne le vois pas.

Publié dans Identité catholique

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